Premier volet du Dossier spécial "Bredele".
En ce mois de novembre 2009 nous souhaitons vous parler de ces petites choses qui rendent la période hivernale si extraordinaire et entraînante en Alsace, qui fait qu’avec chaque jour nous rapprochant allègrement de l’Avent, renaît dans nos coeurs l’esprit de fête...
Bredele, petits gâteaux et biscuits de Noel.
Les Bredele sont des biscuits et petits gâteaux, qui sont aujourd'hui confectionnés à l'occasion des fêtes de fin d'année (et pour certaines recettes toute l'année).
Ces spécialités biscuitières, dont la diversité est unique en France, sont indissociables de la gastronomie d'Alsace et résument à elles seules le goût des ses habitants pour les bonnes choses.
Pourquoi "Bredele" ?
Aujourd’hui le terme "Bredele" est le plus utilisé et connu, en Alsace comme dans le reste de la France, et désigne les biscuits et petits gâteaux de Noël. Prononcé [brε:delœ] avec le premier e ouvert long et le dernier qui ressemble au e dans le mot « le », cette variantes de la transcription phonétique du mot alsacien semble l’emporter sur d’autres, qui sont très nombreuses mais voisines : Bredala ou Breedala - dans le sud de l'Alsace (Haut-Rhin), Bredle, Breedele, Breedels dans le nord de l’Alsace (Bas-Rhin). L’usage populaire a fait évoluer le sens de ce terme alsacien, désignant au départ les petits biscuits secs en général, le mot Wienartsbredele, Winachtsbredele ou encore Wihnachtsbredele étant spécifiquement réservé aux biscuits de Noël.
« Bredele » est un diminutif du mot allemand « Brot » (Brod en version plus ancienne) qui signifie « pain » ou toute nourriture à base de farine et cuite au four. Ce sont donc littéralement des « petits pains ». Leur caractéristique commune reste leur petite taille, puisqu’elle ne dépasse pas 3-4 cm en hauteur, largeur ou diamètre.
Les origines des Bredele.
L’origine des Bredele, aussi bien géographique que temporelle, est particulièrement difficile à établir. Néanmoins tous les Alsaciens s'accorderont à dire que la tradition des Bredele est très ancienne et que « on dirait que ça a toujours existé ». N'est-ce pas là la marque d'une vraie tradition séculaire vivante ?
Les indices les plus anciens sur le passé des Bredele que le temps a bien voulu nous laisser ce sont les moules en bois sculpté, puis en terre cuite, utilisés pour leur fabrication. Les exemplaires les plus anciens datent du XIVe siècle et la majorité du XVIe – XIXe, retrouvé exclusivement ou presque le long du Rhin. Taillés en négatif dans du bois dur (poirier ou merisier) par des bûcherons puis des moines, ces moules servait à la confection de biscuits à base de pâte dure de façon à leur donner une forme avant de les cuire. Les moules étant rares et précieux et les motifs représentés se prêtant aux circonstances diverses, on suppose donc qu'ils ne servaient pas uniquement à l'approche de Noël, mais également pour d'autres grandes occasions.
Anis ou Anisbredele - petit gâteau à l'anis.
Le premier Bredele à être mentionné dans des textes écrits au XVIe siècle est le « Anisbrod » (littéralement « pain à l'anis »), l'ancêtre des actuels Springerle (« petits gâteaux qui sautent ») et Anisbredele (« petits gâteaux à l'anis »). Il s'agit très probablement de la même variété de biscuit à pâte dure que celle confectionnée avec les moules en bois.
C'est le XVIIIe siècle qui verra le début de l'ère des Bredele et le siècle suivant le développement le plus grand, grâce notamment à l'apparition en Europe du sucre de canne et la disponibilité plus grande de farine et de beurre. A cela se rajoute l'introduction par le biais des Croisades et des voyages de commerçants des épices, des amandes et des noisettes. Se dégage alors toute une cohorte de petits gâteaux très variés, dont la confection est largement appuyée dès ses débuts (fait souvent oublié) par la confrérie des boulangers alsaciens.
Beaucoup de ces biscuits et petits gâteaux servaient aussi à décorer le sapin de Noël, usage qui s'est poursuivi jusque dans les années 50 du XXe siècle. Autrefois, lorsque les décorations du sapin étaient des cadeaux en elles-mêmes, les Bredele et les petits pains d'épices étaient souvent les seuls présents que recevaient les enfants en plus de quelques pommes, oranges ou clémentines, noix et noisettes.
Selon certaines considérations, les Bredele seraient de lointains descendants des traditions païennes des peuples non chrétiens qui ont vécu sur les terres alsaciennes, comme les Celtes ou les Romains. Cette hypothèse semble fort probable pour certaines variétés, comme les pains d'épices et les Springerle.
Bibliographie :
1. L'inventaire du patrimoine culinaire de la France, Alsace par le Conseil National des Arts Culinaires, 1998 (ISBN 2-226-10676-6). Editions Albin Michel S.A., 1998.
2. Les Winachtsbredele, une gourmandise alsacienne. Editions Coprur, 2001 (ISBN 2-84208-089-0).
En ce mois de novembre 2009 nous souhaitons vous parler de ces petites choses qui rendent la période hivernale si extraordinaire et entraînante en Alsace, qui fait qu’avec chaque jour nous rapprochant allègrement de l’Avent, renaît dans nos coeurs l’esprit de fête...
Bredele, petits gâteaux et biscuits de Noel.
Les Bredele sont des biscuits et petits gâteaux, qui sont aujourd'hui confectionnés à l'occasion des fêtes de fin d'année (et pour certaines recettes toute l'année).
Ces spécialités biscuitières, dont la diversité est unique en France, sont indissociables de la gastronomie d'Alsace et résument à elles seules le goût des ses habitants pour les bonnes choses.
Pourquoi "Bredele" ?
Aujourd’hui le terme "Bredele" est le plus utilisé et connu, en Alsace comme dans le reste de la France, et désigne les biscuits et petits gâteaux de Noël. Prononcé [brε:delœ] avec le premier e ouvert long et le dernier qui ressemble au e dans le mot « le », cette variantes de la transcription phonétique du mot alsacien semble l’emporter sur d’autres, qui sont très nombreuses mais voisines : Bredala ou Breedala - dans le sud de l'Alsace (Haut-Rhin), Bredle, Breedele, Breedels dans le nord de l’Alsace (Bas-Rhin). L’usage populaire a fait évoluer le sens de ce terme alsacien, désignant au départ les petits biscuits secs en général, le mot Wienartsbredele, Winachtsbredele ou encore Wihnachtsbredele étant spécifiquement réservé aux biscuits de Noël.
« Bredele » est un diminutif du mot allemand « Brot » (Brod en version plus ancienne) qui signifie « pain » ou toute nourriture à base de farine et cuite au four. Ce sont donc littéralement des « petits pains ». Leur caractéristique commune reste leur petite taille, puisqu’elle ne dépasse pas 3-4 cm en hauteur, largeur ou diamètre.
Les origines des Bredele.
L’origine des Bredele, aussi bien géographique que temporelle, est particulièrement difficile à établir. Néanmoins tous les Alsaciens s'accorderont à dire que la tradition des Bredele est très ancienne et que « on dirait que ça a toujours existé ». N'est-ce pas là la marque d'une vraie tradition séculaire vivante ?
Les indices les plus anciens sur le passé des Bredele que le temps a bien voulu nous laisser ce sont les moules en bois sculpté, puis en terre cuite, utilisés pour leur fabrication. Les exemplaires les plus anciens datent du XIVe siècle et la majorité du XVIe – XIXe, retrouvé exclusivement ou presque le long du Rhin. Taillés en négatif dans du bois dur (poirier ou merisier) par des bûcherons puis des moines, ces moules servait à la confection de biscuits à base de pâte dure de façon à leur donner une forme avant de les cuire. Les moules étant rares et précieux et les motifs représentés se prêtant aux circonstances diverses, on suppose donc qu'ils ne servaient pas uniquement à l'approche de Noël, mais également pour d'autres grandes occasions.
Anis ou Anisbredele - petit gâteau à l'anis.
Le premier Bredele à être mentionné dans des textes écrits au XVIe siècle est le « Anisbrod » (littéralement « pain à l'anis »), l'ancêtre des actuels Springerle (« petits gâteaux qui sautent ») et Anisbredele (« petits gâteaux à l'anis »). Il s'agit très probablement de la même variété de biscuit à pâte dure que celle confectionnée avec les moules en bois.
C'est le XVIIIe siècle qui verra le début de l'ère des Bredele et le siècle suivant le développement le plus grand, grâce notamment à l'apparition en Europe du sucre de canne et la disponibilité plus grande de farine et de beurre. A cela se rajoute l'introduction par le biais des Croisades et des voyages de commerçants des épices, des amandes et des noisettes. Se dégage alors toute une cohorte de petits gâteaux très variés, dont la confection est largement appuyée dès ses débuts (fait souvent oublié) par la confrérie des boulangers alsaciens.
Beaucoup de ces biscuits et petits gâteaux servaient aussi à décorer le sapin de Noël, usage qui s'est poursuivi jusque dans les années 50 du XXe siècle. Autrefois, lorsque les décorations du sapin étaient des cadeaux en elles-mêmes, les Bredele et les petits pains d'épices étaient souvent les seuls présents que recevaient les enfants en plus de quelques pommes, oranges ou clémentines, noix et noisettes.
Selon certaines considérations, les Bredele seraient de lointains descendants des traditions païennes des peuples non chrétiens qui ont vécu sur les terres alsaciennes, comme les Celtes ou les Romains. Cette hypothèse semble fort probable pour certaines variétés, comme les pains d'épices et les Springerle.
Bibliographie :
1. L'inventaire du patrimoine culinaire de la France, Alsace par le Conseil National des Arts Culinaires, 1998 (ISBN 2-226-10676-6). Editions Albin Michel S.A., 1998.
2. Les Winachtsbredele, une gourmandise alsacienne. Editions Coprur, 2001 (ISBN 2-84208-089-0).
La tradition du goût 


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